Sauf coup de chance ou quête particulièrement obstinée, impossible ces dernières semaines de trouver un vaccin anti hépatite A en pharmacie: toutes ou presque sont en rupture de stock. Si elle n'est pas obligatoire, l'injection est
avant un séjour dans certaines régions : Afrique, certains pays d'Asie, d'Amérique centrale et du Sud, Moyen-Orient...
En pleine période de départs en vacances, l'affaire commence à devenir problématique, contraignant des voyageurs à faire l'impasse sur la piqûre.
«Tant pis, de toute façon, dans la plupart des cas, l'hépatite A passe inaperçue», se rassure-t-on sur un forum de voyage. Risqué ?
«Partir sans n'est pas catastrophique, mais ça peut devenir embêtant si on part sac au dos hors des sentier battus», résume une pharmacienne parisienne à court depuis
«deux, trois mois».
Les symptômes se limitent en général à des troubles digestifs et à une jaunisse bégnine (quoique handicapante : nausées et fatigue prolongées). Mais
«les formes graves peuvent mener à la greffe de foie voire à la mort», insiste le Dr Catherine Goujon, du centre vaccinations de l'Institut Pasteur. Transmis le plus souvent par l’eau et les aliments contaminés, le virus est répandu dans les pays en développement. Les mesures d'hygiène classiques (se laver les mains, éviter les légumes et coquillages crus, boire de l'eau en bouteille...) sont
«certes indispensables mais insuffisantes» pour éviter à coup sûr la contamination, poursuit le Dr. Goujon.
Conflit social
Quant à espérer se faire vacciner une fois sur place, plan B également relayé sur les forums, c'est loin d'être évident. Outre le fait que la piqûre doit être faite au plus tard quinze jours avant le départ, la plupart des pays concernés ne disposent pas du vaccin puisque la population y est immunisée contre le virus depuis l'enfance.
Comment en est-on venu à manquer de vaccins ? En principe, deux laboratoires se partagent le marché en France: Sanofi-Pasteur et GlaxoSmithKline (GSK). Or le premier a dû suspendre sa production du vaccin fin 2009 pour cause de contrôle qualité insatisfaisant et, concours de circonstances, le second a vu sa chaîne d'approvisionnement perturbée ces derniers mois par un conflit social. Opposés à l'externalisation d'une partie de leur activité, les salariés du centre de distribution GSK à Evreux, dans l'Eure, ont cessé le travail trois semaines en juillet. Résultat, plus d'Havrix – le vaccin GSK– dans les pharmacies. Et plus guère non plus de Malarone, le coûteux antipaludéen également produit par GSK.
L'activité au centre d'Evreux a repris le 19 juillet et le laboratoire
«compte retrouver une situation quasi normale au plus tard à la fin de cette semaine», a-t-il fait savoir ce dimanche. En attendant, les voyageurs peuvent se faire vacciner dans les centres de vaccination internationale (
liste et coordonnées ici). Approvisionnés en priorité, ils ont encore des stocks, notamment les centres Pasteur, Air France ou Fournier à Paris, ou encore Saint-André à Bordeaux.
http://voyages.liberation.fr
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